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Il y avait une épaisse couche de poussière tout autour du cratère, si épaisse qu’on s’enfonçait jusqu’à mi-mollet lorsqu’on tentait de gravir la pente. La lumière franche du soleil créait des ombres gigantesques au milieu de ce crépuscule perpétuel dans lequel Léa était plongée depuis quelques semaines. D’un bond, elle se retrouva près du petit bâtiment qui leur servait de refuge. Dans le sas, elle se déshabilla en partie, puis pénétra dans la pièce de vie où Igor et Jack jouaient aux échecs. Igor avait la concentration hargneuse des joueurs d’échec de l’est, Jack avait le sourire forcé et l’assurance affichée des Américains, mais la partie était serrée et ils ne lui jetèrent pas même un regard. Léa alla se nettoyer dans la cabine d’hygiène, puis regagna les quartiers de repos pour récupérer après ces quelques heures de travail à l’extérieur. Malgré la clarté extérieure qui lui parvenait par le petit hublot au-dessus de sa couchette, une clarté immobile et froide, elle ne tarda pas à s’endormir, écrasée par le silence éternel des espaces infinis. Lorsqu’elle s’éveilla après un court somme conforme au protocole, elle resta quelques minutes allongée songeant à sa situation. Là où elle se trouvait, personne ne pouvait quoi que ce soit s’il lui arrivait malheur, elle n’avait pas d’autre secours que celui d’Igor et Jack, mais pouvait-on compter sur ces deux ours, pas plus rassurants que ce qui l’attendait dehors ? Elle finit par se lever, un goût amer dans la bouche. Elle se dirigea vers le grand dôme transparent qui surmontait la petite salle des commandes à l’étage. Elle regarda, perplexe, le fragile globe incomplet qui illuminait le ciel d’une couleur bleue à l’intensité sans égale.

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